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A l’instar de L ‘ INDEPENDANT , 06/05/2008 :
Le peintre Henri-Marie Dat donne des couleurs à l'Europe.
L'artiste nouvellois revient d'un voyage en Allemagne où ses œuvres ont rencontré un franc succès. Son exposition, dans le cadre d’un échange culturel, a reçu les
honneurs de la presse et des amateurs.
Vivants, violents, colorés, jamais criards. Les tableaux d'Henri-Marie Dat sont comme des miroirs. Des paysages de l'étang au bain de sang de l'épopée cathare, le peintre nous renvoi la palette
de ses émotions fortes. Tout récemment, ses œuvres ont voyagé outre Rhin. Lors d'un échange culturel franco-allemand, ses tableaux ont fait sensation lors d’une exposition à Rot am See /
Allemagne . "Avec Brigitte Herbert de Crailsheim, une artiste allemande, nous étions deux peintres à participer. J'ai présenté trente-huit tableaux, près de cent quarante personnes ont
assiste au vernissage et de nombreux articles sont parus dans la presse", raconte-t-il encore ému de cet engouement. "Nul n’est prophète en son pays", ajoute Henri-Marie Dat qui a
initié les échanges entre la France et l'Allemagne dès 1989.
"Car on ne peut pas construire l'union Européenne uniquement sur des bases économiques : il faut intégrer l’art !" L'occasion de redécouvrir cet artiste local qui donne des couleurs à
l'Europe.
De l’armée à l’atelier. Quarante ans qu'il a les doigts dans la peinture. A la maternelle déjà, les institutrices avaient décelé un certain goût du graphisme chez Henri-Marie Dat. Même à
l'armée où il a fait carrière ses tubes de couleurs ne l’ont jamais quittés. "Je peignais pour ne pas rentrer totalement dans les rangs, être un homme différent était essentiel pour
moi", confie l' adjudant-chef Dat. Sensibles à son talent, ses chefs l’ont encouragé. Depuis 1982, il enchaîne les expositions: les salons privées ou militaires, le château de Vincennes,
les Invalides... ont notamment accueilli ses toiles. En 1984, il intègre la première équipe des peintres de l'armée de terre sous la direction du général Sorba. A la garnison de Strasbourg, il
devient responsable du club artistique.
Aujourd'hui âge de cinquante-neuf ans, l'artiste n'a pas achevé sa quête de couleurs et de mouvements. Dans son atelier au chemin des Vignes, "une bicoque remise en état avec des
amis", il continue à faire parier l'acrylique et les huiles. La frénésie des jeunes années s'est apaisée certes.
On est loin de la folle cadence créatrice où il pouvait peindre jusqu'à quarante toiles par mois. Pourtant, la passion est toujours là, intacte et vivace.
Vibration et mouvement il faut dire que l'homme ne se lasse jamais. Du génie militaire d'Hannibal aux dérives de la pêche au thon, en passant par le port nouvellois, l'usine Lafarge, la plage
du Rouet, les canots des salins... tant de thèmes nourrissent son inspiration ! "Le graphisme me plaît. Tout en étant figuratif, je tente de créer une ambiance, de raconter une histoire à
travers une toile. Ce n’est pas toujours que l’on réussit". Pourtant, le peintre n'a pas son pareil pour coucher sur la toile une vision toute personnelle de la réalité. Quel que soit le
thème choisi, la vie, le mouvement sont omniprésents. A mi-chemin entre abstrait et figuratif, ses tableaux sont des fenêtres ouvertes sur un univers de couleurs, de forces et d'énergies.
"Car tout est vibration", dit-il. Pour mieux illustrer son propos, il a récemment intégré une partition de Stockhausen pour vibraphone dans une de ses œuvres. Parfois, il n'hésite pas
à mêler des éléments solides comme du bois ou du tissu métallique pour rendre la matière plus percutante. Cela ne l'empêche pas de "travailler comme autrefois, à la façon des peintres
classiques, à l'ancienne. Je me l'impose régulièrement".
Une rigueur sans doute héritée de l'armée, qui le guide aussi sur la voie de la qualité artistique. D'ailleurs les amateurs allemands ne s’y sont pas trompés.
Fabienne Pireddu